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Fluor (F)

Le plus féroce des éléments, apprivoisé dans votre dentifrice.

Le fluor est l'élément le plus réactif du tableau : il attaque presque tout, y compris le verre. Il a blessé ou tué plusieurs chimistes qui ont tenté de l'isoler. Une fois combiné, il devient au contraire d'une grande stabilité, ce qui fait la force du Téflon mais aussi le problème des « polluants éternels » (PFAS). En petite dose, le fluorure protège l'émail des dents.

Numéro atomique
9
Symbole
F
Masse atomique
18,998 u
Famille
Halogènes
État à 0 °C
Gaz
Découverte
1886, Henri Moissan

Origine du nom

Du latin fluere, couler, d'après la fluorine utilisée comme fondant.

À quoi il ressemble

Gaz jaune très pâle, à l'odeur âcre et piquante. Il est si agressif qu'il fait s'enflammer le bois, le caoutchouc et même l'eau dans certaines conditions.

Où le trouve-t-on ?

Environ 550 ppm de la croûte terrestre, toujours combiné, principalement dans la fluorite. On en trouve dans l'eau de mer et dans les os et les dents sous forme de fluorures.

Comment on le produit

On extrait environ 9 millions de tonnes de fluorite par an, transformée par l'acide sulfurique en acide fluorhydrique, point de départ de presque toute la chimie du fluor. Le gaz fluor lui-même est produit par électrolyse, selon le principe mis au point par Moissan.

À quoi sert-il ?

Au quotidien

Rôle dans le vivant

Non indispensable au sens strict, le fluorure se fixe dans l'émail dentaire et le rend plus résistant aux acides des bactéries. En excès durant l'enfance, il provoque une fluorose (taches blanches ou brunes sur les dents) et, à très forte dose prolongée, des atteintes osseuses.

Dangers

Le gaz fluor est extrêmement toxique et corrosif. L'acide fluorhydrique est particulièrement traître : il traverse la peau sans douleur immédiate et capte le calcium de l'organisme, pouvant provoquer un arrêt cardiaque. Les PFAS, composés fluorés quasi indestructibles, s'accumulent dans l'environnement et le corps humain.

Histoire

Pendant plus de soixante-dix ans, de nombreux chimistes ont tenté de l'isoler, et plusieurs ont été gravement intoxiqués : on les a surnommés les « martyrs du fluor ». Le Français Henri Moissan y parvient enfin le 26 juin 1886 par électrolyse à basse température, exploit qui contribue à son prix Nobel de chimie en 1906.

Le saviez-vous ?