Astate (At)
L'élément naturel le plus rare : moins d'un gramme dans toute la croûte terrestre.
L'astate est un halogène, cousin de l'iode, mais si radioactif que personne n'en a jamais vu un échantillon à l'œil nu. Son isotope le plus stable ne vit que 8 heures environ. On l'étudie pour des traitements anticancéreux qui irradient les tumeurs de l'intérieur.
- Numéro atomique
- 85
- Symbole
- At
- Masse atomique
- 210 u
- Famille
- Halogènes
- État à 0 °C
- Solide
- Découverte
- 1940, Dale Corson, Kenneth MacKenzie et Emilio Segrè
Origine du nom
Du grec astatos, instable.
À quoi il ressemble
Jamais observé en quantité visible : un échantillon se vaporiserait sous l'effet de la chaleur de sa propre radioactivité. Des calculs suggèrent qu'il serait un solide d'aspect métallique.
Où le trouve-t-on ?
Il apparaît fugacement dans les chaînes de désintégration de l'uranium et du thorium. À tout instant, la croûte terrestre en contiendrait moins d'un gramme au total.
Comment on le produit
Produit dans des cyclotrons en bombardant du bismuth-209 avec des particules alpha. On n'en fabrique que des quantités infimes, de l'ordre du milliardième de gramme, aussitôt utilisées.
À quoi sert-il ?
- Astate-211 pour la radiothérapie alpha ciblée (essais cliniques).
- Recherche fondamentale sur la chimie des éléments lourds.
Au quotidien
- Aucun : il n'existe que quelques heures dans les laboratoires spécialisés
Rôle dans le vivant
Aucun rôle biologique. Comme l'iode, il tend à se concentrer dans la glande thyroïde.
Dangers
Très radioactif, mais disponible en quantités si faibles que le risque est cantonné aux laboratoires de radiochimie.
Histoire
Après plusieurs fausses annonces (« alabamine », « dakine »), il fut synthétisé en 1940 à Berkeley par Dale Corson, Kenneth MacKenzie et Emilio Segrè. Son nom vient du grec astatos, « instable ». En 1943, les Autrichiennes Berta Karlik et Traude Bernert prouvèrent sa présence dans la nature.
Le saviez-vous ?
- Sa demi-vie la plus longue, celle de l'astate-210, n'est que de 8,1 heures.
- En 2013, des calculs ont prédit que l'astate solide serait un métal, contrairement aux autres halogènes.
- Malgré sa rareté, il figure sur tous les tableaux périodiques depuis plus de 80 ans.