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Arsenic (As)

Le poison des rois devenu médicament contre la leucémie.

L'arsenic est un métalloïde célèbre pour ses composés très toxiques, longtemps utilisés comme poisons indétectables. Mais il a aussi soigné la syphilis au début du XXe siècle et traite aujourd'hui une forme de leucémie. Son principal fléau moderne est naturel : l'eau de puits contaminée dans plusieurs régions du monde.

Numéro atomique
33
Symbole
As
Masse atomique
74,922 u
Famille
Métalloïdes
État à 0 °C
Solide
Découverte
1250, Albert le Grand

Origine du nom

Du grec arsenikon, nom de l'orpiment jaune.

À quoi il ressemble

Sa forme la plus courante est un solide gris métallique, cassant, qui ternit à l'air. À pression ordinaire, il ne fond pas : chauffé à 615 °C, il passe directement à l'état de vapeur à l'odeur d'ail.

Où le trouve-t-on ?

L'arsenic représente environ 2 ppm de la croûte terrestre. Il accompagne souvent les minerais de cuivre, de plomb, d'or et de cobalt, et se dissout naturellement dans certaines nappes phréatiques.

Comment on le produit

On le récupère surtout sous forme de trioxyde d'arsenic (As₂O₃) dans les poussières de grillage des minerais de cuivre et d'or. La production mondiale est de l'ordre de 30 000 à 50 000 tonnes par an d'oxyde, menée par la Chine et le Pérou.

À quoi sert-il ?

Au quotidien

Rôle dans le vivant

L'arsenic n'est pas reconnu comme essentiel chez l'être humain. Le riz, cultivé dans l'eau, en accumule des traces. Au Bangladesh, des dizaines de millions de personnes ont bu une eau de puits contaminée par de l'arsenic naturel, ce que l'OMS a qualifié de plus grand empoisonnement de masse de l'histoire.

Dangers

Les composés inorganiques de l'arsenic sont très toxiques et cancérogènes : une exposition chronique provoque lésions de la peau et cancers. Une dose de l'ordre de 100 à 300 milligrammes de trioxyde peut tuer un adulte.

Histoire

Ses sulfures jaunes et rouges servent de pigments depuis l'Antiquité ; son nom vient du grec arsenikon, désignant l'orpiment. On attribue souvent son isolement à Albert le Grand vers 1250. Surnommé « poudre de succession », il fut l'arme de nombreux empoisonneurs jusqu'à ce que le test de Marsh (1836) permette de le détecter dans les corps.

Le saviez-vous ?