Curium (Cm)
Un hommage aux Curie qui analyse les roches de Mars.
Le curium est un métal artificiel nommé en l'honneur de Pierre et Marie Curie. Fortement radioactif, il dégage beaucoup de chaleur. Le curium 244 équipe les spectromètres de plusieurs rovers martiens, qui bombardent les roches de particules pour en déterminer la composition. Son isotope le plus stable, le curium 247, a une demi-vie de 15,6 millions d'années.
- Numéro atomique
- 96
- Symbole
- Cm
- Masse atomique
- 247 u
- Famille
- Actinides
- État à 0 °C
- Solide
- Découverte
- 1944, Glenn T. Seaborg et al.
Origine du nom
En hommage à Pierre et Marie Curie.
À quoi il ressemble
Métal argenté, dur et dense (environ 13,5 g/cm³), qui se ternit à l'air. Il n'a été obtenu sous forme métallique qu'en très petites quantités. Ses composés sont souvent fluorescents.
Où le trouve-t-on ?
Il n'existe pas dans la nature de façon mesurable. On le trouve dans le combustible nucléaire usé, où il se forme par captures successives de neutrons à partir de l'uranium et du plutonium.
Comment on le produit
Il est produit en irradiant longuement du plutonium ou de l'américium dans des réacteurs à haut flux de neutrons, puis séparé chimiquement. Une tonne de combustible usé en contient environ une vingtaine de grammes.
À quoi sert-il ?
- Source de particules alpha des spectromètres APXS des rovers martiens et de l'atterrisseur Philae
- Matière première pour fabriquer des éléments plus lourds (berkélium, californium)
- Cible pour la synthèse de superlourds comme le livermorium
- Source de chaleur envisagée pour des générateurs spatiaux
Au quotidien
- Aucun — mais il a participé à l'analyse chimique du sol martien
Rôle dans le vivant
Aucun rôle biologique. S'il pénètre dans l'organisme, il se concentre dans les os, le foie et les poumons.
Dangers
Très radiotoxique, émetteur alpha et parfois neutronique. Sa manipulation se fait en cellules blindées.
Histoire
Glenn Seaborg, Ralph James et Albert Ghiorso le produisent à l'été 1944 en bombardant du plutonium 239 avec des particules alpha (noyaux d'hélium) dans le cyclotron de Berkeley, puis l'identifient à Chicago. Le nom curium fait écho au gadolinium, placé juste au-dessus et nommé d'après un scientifique, Johan Gadolin.
Le saviez-vous ?
- Comme l'américium, sa découverte a été révélée en 1945 à la radio, dans l'émission pour enfants « Quiz Kids ».
- Le spectromètre du petit rover Sojourner (1997) puis ceux de Spirit, Opportunity et Curiosity contenaient du curium 244.
- Marie Curie partage avec Lise Meitner (meitnérium) l'honneur rare d'être une femme ayant donné son nom à un élément.